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jeudi 21 septembre 2017
Comment lisez-vous, Frank Andriat ?
Deuxième rendez-vous de mon "Comment lisez-vous ?" avec Frank Andriat, dont j'ai beaucoup aimé "Le bonheur est une valise légère" et surtout "Jolie libraire dans la lumière" (une pépite de poésie), qui a gentiment répondu à mes questions sur ses habitudes de lecteur et autres petites manies ...
* Votre livre d’enfance ?
Croc-Blanc de Jack London.
* Celui que vous relisez de temps en temps ?
Cent ans de solitude de Gabriel Garcia-Marquez. Les romans de Christian Bobin, aussi.
* Votre dernière déception ?
S’il s’agit de déception littéraire, je n’en ai pas réellement. Certains auteurs trop centrés sur
leur nombril m’irritent, mais je garde leur nom pour moi pour éviter de les blesser inutilement.
* Votre dernier coup de cœur ?
Patricia de Geneviève Damas. J’ai une section Coups de cœur sur mon site. Quand j’aime, je
partage.
* Papier ou liseuse ?
100% papier.
* Un genre littéraire favori ? détesté ?
J’aime les textes qui savourent l’humain et qui lui rendent hommage. Je n’aime pas les livres
qui diffusent des idées où l’amour de l’autre n’a pas sa place, mais il y a du bon et du mauvais
dans tous les genres.
* Le meilleur endroit pour lire ?
Le train. Et comme je voyage beaucoup, c’est le pied.
* À boire, à manger en lisant ?
Quand je lis, je lis… J’avoue parfois me laisser distraire par un morceau de chocolat.
* Un seul ou plusieurs à la fois ?
Un seul.
* Un auteur fétiche ?
Christian Bobin.
* Bibliothèque ou librairie ?
Oserais-je avouer à une bibliothécaire que je suis plus librairie ?
* Une petite manie en lisant ?
Renifler le livre avant de le commencer.
* Marque-page ou page cornée ?
Marque-page ! Je déteste les pages cornées.
* Combien de livres par mois ?
Cela dépend de mes activités et de la longueur des livres… Entre cinq et huit.
* Un conseil de lecture ?
Les auteurs qui figurent dans les coups de cœur sur mon site.
Merci à Frank Andriat pour ses réponses ;-)
mercredi 30 août 2017
"Le bonheur est une valise légère", de Frank Andriat : chronique et interview ;-)
La quatrième :
Souvent, il suffirait d'un signe pour que nous trouvions notre chemin : un regard, une main tendue, un sourire. Selma a réussi dans la vie mais elle n'est pas heureuse. Placer le faire avant l'être l'a perdue.
Un jour, elle rencontre un homme paisible dans un train, quelqu'un qui lit Christian Bobin et qui, comme elle, adore Jean-Jacques Goldman. Au fil du temps, il lui apprend que le bonheur est une valise légère et que la vie qu'on accueille apporte plus de joie que celle qu'on maîtrise.
Après avoir eu un énorme coup de cœur, il y a quelques mois, pour "Jolie libraire dans la lumière", je suis tombée, le jour de sa sortie, sur le nouveau roman de Frank Andriat. Curieuse, j'ai lu la quatrième de couverture et j'ai été charmée, même si je dois avouer pour être honnête que la mention de Jean-Jacques Goldman a eu son importance dans mon achat (je l'aime depuis que j'ai ... 8 ans ?).
Rentrée chez moi, j'ai entamé ma lecture ... et je l'ai lu d'une traite (ou quasi. En vrai, il y a eu une interruption obligée de gestion d'enfants). Au départ, j'ai eu un peu peur d'être tombée sur un énième roman de développement personnel (le livre est édité chez Marabout, mais se trouve bien dans la rentrée littéraire en librairie !), et je n'avais pas du tout accroché avec "Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une", le best-seller du genre.
A la deuxième partie du livre (après Pression vient Dépression - mais ne fuyez pas !), j'étais ferrée.
J'ai suivi Selma dans sa chute, bougonné contre son imbécile de patron, eu envie d'avoir Lauranne comme copine, et craqué sur le documentaliste aux boucles folles (ben oui).
Grégoire, l'homme paisible qui aidera Selma à sortir la tête de l'eau m'a troublée. J'étais partagé entre la sympathie et le réconfort que dégageait le personnage, et l'idée qu'il était trop sage pour être vrai (oui, je me suis même posé des questions sur sa réalité). Appréciant les conseils justes et doux qu'il prodigue à Selma, je l'ai trouvé tout de même un poil trop lisse ...
Si j'ai tant apprécié ce roman, c'est que je m'y suis un peu retrouvée. J'ai été entourée de quelques personnes qui ont su m'écouter réellement quand j'en ai eu besoin, et me donner une foule de conseils qui m'ont beaucoup aidé, qui, à la manière de Grégoire m'ont "montré le chemin, et donné un bâton de marche".
Selma s'aide des chansons de Jean-Jacques Goldman et Frank Andriat parsème son roman de quelques paroles de chansons, qui ont plus été pour moi un joli clin d'oeil qu'un réel apport à l'histoire. Mais, qui n'a pas déjà pleuré sur "Puisque tu pars" ? ... J'étais forcément touchée.
Ce roman se lit vite, se dévore, que dis-je, et la plume de Frank Andriat nous amène tout en douceur à réfléchir à la vie de fous que l'on mène, au boulot qui nous presse comme des citrons, au peu de temps que nous consacrons à juste rêver, regarder en l'air et apprécier la beauté du monde. Combien de personnes, la nuque baissée sur leur smartphone, loupent un vol d'oiseaux ou un coucher de soleil par la vitre du train ? A traiter leurs mails jusque 22 H au lieu de déconnecter, et de savourer l'instant présent ? C'est de cela dont il est question dans ce roman : du burn out qui nous guette, à vouloir en faire plus, toujours plus, et même trop ... De la beauté de la vie, des plaisirs simples et de l'importance d'être en accord avec soi-même, de se respecter, pour vivre heureux et apaisé ...
Une très très jolie lecture, merveilleusement écrite, que je vous recommande chaleureusement !
En bonus, Frank Andriat m'a fait l'honneur de bien vouloir répondre
à une mini interview, à lire ci-dessous !
* Quel a été le point de départ pour l’écriture de ce roman ?
— C’est une belle histoire de collaboration et de confiance entre auteur et éditeur. Agnès,
l’éditrice de "Jolie libraire dans la lumière" en 2012, a continué de suivre mon travail quand elle
est passée chez Marabout. Cela a donné naissance à "Clés pour la paix intérieure" en 2014 et à ce
nouveau roman, réalisé cette fois avec une de ses collègues, Aline, qui désirait que j’écrive un
texte psychologique.
* Il paraît chez Marabout, en collection "Essai psychologie"... Était-ce une volonté d’écrire un
roman à tendance "développement personnel", un genre qui se répand aujourd'hui ?
— Oui, c’était le projet de mon éditrice, Aline. Et j’ai trouvé beaucoup de plaisir à écrire un
roman centré sur le développement intérieur de mon héroïne. Ceci dit, si Marabout s’est adressé à
moi pour écrire ce livre, c’est parce qu’il n’est en rien éloigné de mes autres textes : "La forêt
plénitude" raconte l’histoire d’une ado qui s’ouvre à sa vie intérieure, "Pont désert", celle d’un
homme qui dresse le bilan d’une existence perdue à chercher à l’extérieur le bonheur qu’il a au
fond de lui, "Jolie libraire dans la lumière", celle d’une jeune femme qui se reconstruit grâce à son
amour pour les livres. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à inventer le parcours de Selma et sa
rencontre avec Grégoire.
* Ne trouvez-vous pas Grégoire TROP sage pour être crédible ? ;-)
— Grégoire est devenu sage. Il le dit dans le livre, il a connu des difficultés dont, effectivement,
je ne parle pas. C’est l’histoire de Selma, pas la sienne. Alors, promis, pour qu’il devienne
réellement crédible, pas trop parfait, j’écrirai un roman où je décris son parcours, sa galère.
J’aime bien ce personnage qui donne de l’espoir et qui apporte de l’apaisement à Selma
complètement déboussolée.
* Pourquoi Jean-Jacques Goldman ? Lui avez-vous envoyé votre livre ?
— Jean-Jacques Goldman est un chanteur que j’apprécie énormément. Son ouverture à l’autre, à
la différence et son sens du partage me touchent beaucoup. Mes élèves de l’athénée Fernand
Blum de Schaerbeek et moi avons écrit un livre à son propos en 1992. J’ai eu quelques échanges
épistolaires avec lui. Je ne possède pas sa nouvelle adresse, il vit à Londres désormais, mais si je
trouve un moyen de lui faire parvenir le roman, je le ferai.
* Quel est votre secret personnel pour rendre votre valise plus légère, au quotidien ?
— Les clés de Grégoire pour ouvrir la porte du bonheur sont un peu les miennes, mais je vous
avoue que, parfois, la porte reste coincée. Vivre dans la pleine conscience du moment présent,
être ici et maintenant, donner plutôt que de vouloir prendre, accueillir la vie comme elle vient et
rendre grâce pour toutes les petites joies. Comme votre intérêt pour mon livre, par exemple.
Retrouvez Frank Andriat sur son site !
- "Le bonheur est une valise légère", Frank Andriat, Marabout, 2017
lundi 5 décembre 2016
"Jolie libraire dans la lumière" : l'amour, les livres, et un énorme coup de coeur !
Le roman de ce lundi est un petit bijou, découvert complètement par hasard, et que j'ai savouré de la première à la dernière page !
Attirée par le titre, je l'ai emporté avec un coup d'oeil au résumé, certaine que ce petit roman était pour moi .... et je ne me suis pas trompée !
La quatrième :
« Elle a lu la quatrième de couverture, a frissonné d'étonnement. Ce récit ressemblait à s'y méprendre à un épisode de son existence. Elle a déposé l'ouvrage sur le comptoir et est allée ouvrir la porte de la librairie. À neuf heures, les clients sont encore rares et, dans la lumière du matin qui glissait sur la vitre, elle a commencé à lire ce texte inattendu. »
Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Quand les hasards se rencontrent, c'est la lumière qui les rassemble. Une jolie libraire retrouve un fait marquant de son passé dans un livre qui la conduit à tisser des liens et à s'interroger sur son présent. Ce roman délicat, qui rend hommage aux libraires et qui chante l'univers des livres, est une ode à la lumière, à la tendresse et à l'amour.
De Frank Andriat, je ne connaissais que les titres régulièrement demandés à la bibliothèque comme lecture scolaire par les ados, sans savoir qu'il écrivait également pour les adultes.
Je me suis installée dans la lecture de ce roman comme dans une couverture douce, et je l'ai entièrement lu dans un train, détail qui a son importance au vu de l'intrigue ;-)
Comment vous en parler ? Je tourne autour des mots .... C'est un roman qu'on pourrait ranger dans la catégorie fort à la mode des "feel good books", mais surtout des livres qui parlent de libraires, de libraires, de bibliothèques, dans la veine de ces romans qu'on voit fleurir un peu partout, de "La bibliothèque des coeurs cabossés", à "Les gens heureux lisent et boivent du café", pour ne citer que deux exemples.
Sauf que. Sauf que nous avons ici un petit joyau de poésie, de douceur, bien mieux écrit que les best sellers cités plus haut, et qui, en quelques phrases, m'a conquise au point de placer ce petit roman parmi mes livres de chevet.
Frank Andriat nous conte une histoire à tiroirs, où les coïncidences et les liens se multiplient, pour parler d'une histoire d'amour, amour familial, amour romantique, amour des livres.
En 145 pages, que j'ai tenté de faire durer pour mieux les savourer, il nous transporte dans une petite librairie de rêve, et dans un train, aux côtés de personnages hyper attachants, le tout servi par une écriture délicate, aérienne, nimbée de tendresse, de poésie et de douceur, dont on voudrait relire les passages plusieurs fois, pour mieux les déguster.
Moi qui avais envie d'un joli roman, de bons sentiments sans être cuculs, de poésie et d'une belle histoire réconfortante, ce roman est arrivé pile au bon moment.
La lumière joue un rôle à part entière dans ce récit, ainsi que les livres, et l'on se prend à rêver de ce cocon de librairie douillette, baignée de soleil, où l'amour des livres, et l'amour tout court filent droit juqu'au coeur du lecteur, pour mieux le lui ravir, en une poignées de phrases délicates.
Vous l'aurez compris, c'est un énorme coup de coeur, que je vous conseille de lire au plus vite ...
"Jolie libraire dans la lumière", Frank Andriat, Desclée de Brouwer poche, 2015
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