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lundi 14 novembre 2016

"Mères anonymes", pour toutes celles qui galèrent ...




Encore une Bd, en ce lundi, avec "Mères anonymes", LA bande dessinée déculpabilisante !

En tant que maman de deux enfants en bas âge, je peux vous dire que oui, c'est merveilleux, et que certains jours, OUI, j'en chie (grave).

Je me jette donc avec avidité sur toute fiction dans laquelle je peux projeter mes (tout petits) malheurs, c'est-à-dire mon lot de colères, crises, hurlements, doutes, pleurs et remises en question quasi quotidiennes.

Dans cette Bd, nous suivons donc quelques mamans débutantes qui galèrent, quel que soit l'âge de leur progéniture, et qui se rencontrent, façon "alcooliques anonymes".

Et c'est très drôle !




Drôle et à la fois profond, car on aborde ici quelques aspects de la maternité qui font réfléchir, comme cette mère qui se dissocie littéralement: d'un côté la maman poule aux petits soins, de l'autre la femme qui s'en fout de tout, qui la joue cool ...

Ou celle qui, en cas de crise, se réfugie dans un lavomatic, pour se calmer, et apaiser son enfant ...




Régulièrement, les mères anonymes se prennent en pleine figure les affiches façon Paris Match ou Gala, avec cette c.... de Monica, vantant sa "maternité si facile et épanouie", et confrontant son teint frais et sa taille de guêpe aux cernes et aux vergetures des mamans du groupe.





Attention, ce n'est pas une Bd qui joue sur la vague des "mères indignes", pas du tout. Il s'agit ici de raconter les faiblesses, les mauvais jours, les difficultés et parfois le désespoir des mères, et je pense que beaucoup s'y retrouveront, et que cela leur fera du bien.

J'ai dévoré cette Bd d'un trait, riant, me reconnaissant ici ou là, savourant les dessins de Magali Le Huche (la maman de Jean-Michel le Caribou, dans un autre genre, dont Petit Loulou est grand fan).

Je rêverais bien moi aussi d'un groupe de mères anonymes de temps en temps ....


"Mères anonymes", Gwendoline Raisson & Magali Le Huche, Dargaud

lundi 7 novembre 2016

"La différence invisible", une jolie BD sur le syndrome d'Asperger


Après une semaine de repos (forcé) pour le blog, suite aux vacances scolaires (et à mes deux petits lutins excités par Halloween et dopés au sucre), me voici de retour avec, pour une fois, une BD.

Je ne lis pas souvent de BD (ou alors Jojo, j'ai un faible pour Jojo, je trouve ça trop choupi), mais j'ai vu celle-ci passer au boulot et elle m'a interpellée.

Marguerite est une jeune femme presque comme les autres. Elle a un emploi, un copain, un chat, un appartement. Mais Marguerite est hypersensible à tout, aux bruits, aux lumières, et a besoin de suivre ses rituels pour se sentir bien. Un imprévu l'affole, une soirée en société la terrifie, elle ne comprend pas les blagues de ses collègues et aime manger seule avec son livre ou sa musique. Le second degré, les codes sociaux, lui échappent pourtant elle n'a pas de déficience intellectuelle. Son petit ami se lasse du besoin de solitude de Marguerite et ses amis ne la comprennent pas.




Marguerite découvre, après quelques recherches et essais infructueux de psys, qu'elle souffre du syndrome d'Asperger.




Elle se sent soulagée d'être reconnue dans sa différence, et rencontre des gens comme elle, ainsi qu'un bon psy (enfin) capable de l'aider. Elle va ainsi suivre un cheminement et faire le tri dans sa vie, afin de mieux vivre avec sa "différence invisible".

Les couleurs de la BD sont sombres, du noir et blanc, du gris, comme pour exprimer la morosité de Marguerite et son désespoir, puis, au fil de son cheminement, les couleurs apparaissent, d'abord par touches, puis envahissent toutes les cases vers la fin, lorsque Marguerite s'accepte et apprend à vivre avec sa particularité.

L'auteur a adapté sa propre histoire et la BD, en plus de nous toucher via Marguerite, s'attache à nous informer sur cette maladie peu connue et fort mal détectée : à la fin, quelques pages font le point, sous forme de questions-réponses, sur ce syndrome.

Marguerite est très attachante et j'ai adoré me plonger dans son histoire, lue d'une traite, et qui m'a beaucoup éclairée sur ce syndrome, sur lequel, comme nous tous, j'avais pas mal de préjugés.

Je vous conseille donc la lecture de cette petite perle, dont on parle baucoup sur les blogs, et qui vaut grandement la peine !

"La différence invisible", Mademoiselle Caroline et Julie Dachez, éd. Delcourt, 2016